Le rhum arrangé

Le rhum arrangé, en dégustation

Comment faire du rhum arrangé ?

C'est décidé, cette année vous vous lancez. Cela fait quelques temps déjà que vous en avez marre de proposer les mêmes apéros, que votre imposture sur votre connaissance des vins français dure. Vous avez envie de surprendre vos convives et votre palais avec une boisson unique et surtout fabriquée par vos soins. Bienvenue sur petits arrangements, ce site est fait pour vous, amateur de rhum arrangé !

Quel rhum pour un rhum arrangé ?

Le rhum (blanc, dans la plupart des cas) : évitez les rhums peu onéreux ! Il est préférable de partir sur un rhum tolérant (charrette, 3 rivières), le Damoiseau peut aussi convenir (assez parfumé). Je préconise du 40 degrés, bien qu'il soit possible de monter à 50° avec certains fruits.

Comment et avec quoi sucrer l'arrangement ? Plusieurs choix : sucre de canne (en sirop ou non) et/ou du miel, qui influencera un peu plus le goût. La quantité ? A coupler avec la teneur en sucre des fruits que vous allez mettre. Le sucre est un levier important, il peut corriger l'acidité ou l'amertume, compenser le taux d'alcool, développer l'arôme.  

Les fruits & les épices

Du bio, et bien mûr (une fois immergés, les fruits ne vont plus bouger). Pour les débutants, et pour une quantité minimale d'un litre, je vous conseille le trio suivant pour vos premières créations, en plus des fruits : 

  • un bâton de cannelle (ou la moitié)
  • une gousse de vanille (à inciser dans le sens de la longueur)
  • un ou deux feuille de laurier 
  • deux à trois grains de poivre noir

Cela permet de structurer et orienter le goût final et donc d'éviter le fail. 

Les fruits : manipuler avec précaution, je vous conseille de réduire au minimum leur exposition à l'air lorsque vous les coupez. L'exemple parfait étant la pomme ou la banane qui vont s'oxyder si vous êtes lents. N'essayez pas de les faire rentrer en force dans la bouteille (ne surtout pas presser un citron par exemple).

Il ne vous reste plus qu'à choisir une recette !

Conserver son rhum arrangé ?

Si telle est votre ambition, évidemment.

Où ? Comment ?

A l'abri de la lumière, au sec, à température ambiante. Mais le plus important est de le goûter, tout au long de la macération. En effet, en fonction de la puissance gustative des ingrédients (cannelle, piment, gingembre ou encore citron) il faudra ajuster le dosage (mollo sur les épices...), et bien garder en tête que la saveur n'évolue pas du jour au lendemain.

La patience est un arbre dont les racines sont amères et les fruits savoureux.

Dans quel récipient ? 

Il faut qu'il soit solide et surtout hermétique (afin d'éviter l'oxydation, qui va noircir les fruits). En verre, pour voir à travers et contrôler l'état général d'un coup d'oeil. Vinaigrier, bocaux, bonbonne (le robinet est un plus bien que potentiellement fragile), bouteille classique, feront l'affaire, du moment où l'on n'écrase pas le fruit pour le faire rentrer.

La pulpe, elle reste en bas

Il est primordial de bien remuer (délicatement) le mélange fréquemment, a fortiori avec des ingrédients qui se délitent rapidement (kaki, pain d'épices, spéculoos, etc)

Vers l'infini et au-delà

Le rhum est un alcool qui tient dans la durée, de part sa composition sucrée et son taux d'alcool. Si la durée moyenne avant qu'un mélange soit appréciable se situe dans les 3 mois, vous pouvez conserver votre rhum arrangé des années ! Il n'y aura en théorie pas de déperdition d'alcool ou de goût, au contraire, le temps affine le goût.

Rattraper un rhum arrangé raté

Vous avez suivi une recette sur un autre site, le karma s'est manifesté : votre arrangement est imbuvable. Pas de panique, voici quelques conseils pour rattraper le coup.

Plusieurs possibilités :

  • diluer en rajoutant du rhum pour allonger
  • couper à l'eau si le mélange est trop sucré
  • rajoutez une gousse de vanille si le parfum du fruit est trop prononcé
  • rajoutez du sucre si le goût est trop acide ou amer

 

Ne pas conserver son rhum arrangé au soleil !